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Pictogramme d'un utérus fibromateux — embolisation des fibromes utérins

Embolisation de fibromes utérins

N'oubliez pas que chaque patient est unique et que le diagnostic et la prise en charge de votre pathologie sont toujours adaptés à vos souhaits et vos particularités.

Cette page d'information n'a pas vocation à être exhaustive et toutes les réponses à vos questions n'y figurent pas forcément, n'hésitez pas à noter ces questions pour les poser à votre radiologue interventionnel en consultation.

Les informations présentées ci-dessous ont été rédigée par un médecin. Elles sont issues de notre pratique et des recommandations de sociétés savantes comme par exemple le CIRSE (Cardiovascular and Interventional Society of Europe - société européenne de radiologie interventionnelle).

Qu'est ce que c'est ?

L’embolisation des artères utérines consiste à obstruer sélectivement les artères alimentant les fibromes afin de les priver de leur apport sanguin, entraînant ainsi leur réduction et la disparition des symptômes.

C'est également un traitement efficace pour traiter les symptômes liés à l'adénomyose.

Les fibromes utérins se classent selon leur position dans la paroi de l'utérus (classification FIGO).
Les fibromes utérins se classent selon leur position dans la paroi de l'utérus (classification FIGO). Cette localisation détermine en grande partie les symptômes ressentis et les possibilités de traitement.

Pourquoi ?

L’embolisation est indiquée en cas de :

  • Règles abondantes et prolongées (ménorragies)
  • Douleurs pelviennes chroniques
  • Augmentation du volume de l’utérus entraînant une gêne : troubles urinaires ou digestifs principalement.

Par rapport à l'hystérectomie, l'embolisation entraîne une perte sanguine plus faible, un séjour à l'hôpital plus court et une reprise plus rapide du travail à court terme. Les résultats à moyen et long terme (5 ans) montrent des résultats de qualité de vie liés à la santé comparables. L'embolisation est efficace à plus long terme dans 80% des cas et l'hystérectomie reste possible pour les 20% restants.

Les fibromes ne sont pas la seule cause de douleurs pelviennes chroniques : le syndrome de congestion pelvienne peut donner un tableau proche, et les deux situations peuvent coexister chez une même patiente.

Comment ?

  • Anesthésie : l'intervention peut être réalisée sous sédation, anesthésie péridurale ou anesthésie générale (cela dépendra de la consultation d'anesthésie).
  • Accès vasculaire : Une ponction est effectuée dans l’artère radiale (au poignet) ou fémorale (au pli de l’aine). Nous privilégions la voie radiale à chaque fois que c'est possible (plus de 90% des embolisations).
  • Cathétérisme des artères utérines : Un cathéter est guidé jusqu’aux artères alimentant les fibromes.
  • Embolisation : Injection de microparticules qui bloquent la circulation sanguine vers les fibromes.
  • Durée : L’intervention dure environ 60 à 90 minutes.
  • Schéma en coupe de l'embolisation d'un fibrome utérin : microcathéter dans l'artère utérine et microparticules occluant les branches nourricières du fibrome.
    Schéma en coupe de l'embolisation d'un fibrome utérin : microcathéter dans l'artère utérine et microparticules occluant les branches nourricières du fibrome.

    Est-ce que ça fait mal ?

    C’est la préoccupation majeure pour l'embolisation des fibromes. Il faut distinguer deux phases :

    • Pendant l'intervention : Le geste lui-même est indolore puisqu'il est pratiqué sous sédation ou anesthésie péridurale.
    • Après l'intervention : C'est la phase où la douleur apparaît. Une fois que les fibromes ne sont plus irrigués, ils "crient" (c’est le processus d’ischémie). Cela provoque des crampes pelviennes intenses, comparables à de très fortes règles, durant les 6 à 12 premières heures.
    • Comment la douleur est-elle gérée ? Nous anticipons systématiquement cette réaction. Durant votre hospitalisation (24h à 48h), un protocole antidouleur strict est mis en place et il est poursuivi lors de votre retour à domicile avec le passage d'une infirmière.

    Quels sont les risques ?

    L’embolisation est une technique sûre, mais certains effets secondaires peuvent survenir :

    • Syndrome post embolisation : Douleurs pelviennes transitoires, fièvre modérée, nausées.
    • Rarement, élimination de fragments de fibrome par voie vaginale (nécrose expulsive).
    • Rarement, trouble menstruel ou ménopause précoce (plus fréquent chez les patientes de plus de 40 ans).
    • Exceptionnelle Infection sévère.

    Place dans le parcours de soin

    Le CNGOF (collège national des gynécologues-obstétriciens de France) reconnaît l'embolisation comme un traitement de première intention pour les fibromes symptomatiques (hémorragies, douleurs, pesanteur), au même titre que la myomectomie ou l'hystérectomie. Elle est particulièrement recommandée pour les femmes souhaitant :

    • Conserver leur utérus (alternative à l'hystérectomie).
    • Éviter une chirurgie invasive et les cicatrices abdominales.
    • Réduire le temps de convalescence.

    Avantages :

    • Moins invasive : Pas d'incision chirurgicale (simple ponction au poignet ou à l'aine) et généralement pratiquée sous anesthésie locale ou sédation.
    • Récupération rapide : La durée d'hospitalisation est plus courte (souvent 1 à 2 nuits, voire en ambulatoire) et la reprise des activités normales est nettement plus précoce qu'après une myomectomie.
    • Efficacité : Une amélioration des symptômes est observée dans plus de 80 à 90 % des cas, avec une réduction significative du volume des fibromes.
    • Sécurité : Réduction des risques de complications infectieuses ou hémorragiques majeures par rapport à la chirurgie lourde.

    Inconvénients :

    Taux de récidive plus élevé que la chirurgie. Le risque de devoir subir une nouvelle intervention à moyen terme (5 ans) est plus élevé après une embolisation qu'après une chirurgie radicale (environ 15 à 20 % de réintervention). L'embolisation n'empêche pas d'avoir une myomectomie ou une hystérectomie en cas de récidive.

    Et après l'intervention ?

  • Hospitalisation courte : 1 à 3 jours d'hospitalisation.
  • Douleurs post-procédure : Crampes pelviennes pouvant être intenses mais bien contrôlées par des antalgiques.
  • Repos recommandé : Arrêt de travail de quelques jours, reprise progressive des activités.
  • Réduction des symptômes : Amélioration des saignements et des douleurs après un mois, diminution de la taille des fibromes sur six mois.
  • L’embolisation des fibromes permet une amélioration des symptômes chez plus de 80 % des patientes et une réduction significative du volume des fibromes dans les mois suivant l’intervention. Elle constitue une alternative efficace et durable à la chirurgie.

    Une IRM de contrôle et une consultation seront programmés à 6 mois.

    Chaque intervention fait l'objet d'un compte-rendu détaillé adressé au médecin traitant et au spécialiste référent sous 24h.

    Questions fréquemment posées

    Vais-je pouvoir avoir des enfants après ?

    C'est une question à aborder spécifiquement en consultation, et elle mérite une réponse nuancée. L'embolisation préserve l'utérus et des grossesses sont décrites après le geste, mais le niveau de preuve reste limité : la Haute Autorité de santé relève une absence de données de certitude sur la fertilité après embolisation.

    Lorsqu'une grossesse est souhaitée et qu'un retrait chirurgical du fibrome est possible, c'est souvent cette option qui est privilégiée.

    Lorsque la chirurgie n'est pas envisageable, nous adaptons la technique pour préserver au mieux la fonction ovarienne : particules de plus gros calibre, et occlusion préalable des anastomoses utéro-ovariennes lorsqu'elles sont à risque — une technique décrite pour la première fois par Marx et al. en 2003 (article en anglais). La plus grande série publiée sur le sujet porte sur 398 patientes de moins de 43 ans non éligibles à une myomectomie : 148 grossesses et 109 naissances vivantes y ont été recensées, et ses auteurs concluent que des essais contrôlés restent nécessaires (Serres-Cousine et al., 2021 — article en anglais).

    Si vous avez un projet de grossesse, signalez-le dès la première consultation : votre prise en charge sera discutée avec votre gynécologue en tenant compte de ce paramètre.

    Quelles sont les autres possibilités de traitement ?

    Selon votre situation, d'autres traitements peuvent être envisagés : traitements médicaux (hormonaux), retrait chirurgical du ou des fibromes en conservant l'utérus, ou ablation de l'utérus. L'embolisation se distingue par son caractère mini-invasif, l'absence de chirurgie et de cicatrice, une récupération rapide et la conservation de l'utérus.

    Le choix du traitement le mieux adapté se fait avec vous, en tenant compte de vos symptômes, de vos fibromes, de vos projets et de vos préférences, en concertation entre le radiologue interventionnel et le gynécologue.

    Préparez votre consultation

    • Ecrivez à l'avance toutes les questions que vous souhaitez poser à votre radiologue interventionnel
    • Ramenez tous les examens en rapport avec votre pathologie (échographie, scanner, irm...), vos résultats de prise de sang et la liste de vos traitements.
    • Le courrier de votre médecin traitant ou spécialiste.
    • Vous avez le droit de venir accompagné(e) d'une personne de confiance.
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    En savoir plus

    On en parle ailleurs

    Fibrome Info France — association de patientes qui informe et accompagne les femmes concernées par les fibromes utérins. Sa page consacrée aux traitements non chirurgicaux décrit l'embolisation et la replace parmi les autres options.

    Pour aller plus loin

    Traitements non médicamenteux des fibromes utérins — fiche pertinence de la Haute Autorité de santé (novembre 2022). Elle compare embolisation, myomectomie et hystérectomie, et rappelle que le choix doit reposer sur une information complète et une décision partagée avec la patiente (document PDF).

    « Embolisation utérine pour fibromes utérins » — fiche d'information patient de la Société française de radiologie et de la Fédération de radiologie interventionnelle (document PDF).

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