
N'oubliez pas que chaque patient est unique et que le diagnostic et la prise en charge de votre pathologie sont toujours adaptés à vos souhaits et vos particularités.
Cette page d'information n'a pas vocation à être exhaustive et toutes les réponses à vos questions n'y figurent pas forcément, n'hésitez pas à noter ces questions pour les poser à votre radiologue interventionnel en consultation.
Les informations présentées ci-dessous ont été rédigée par un médecin. Elles sont issues de notre pratique et des recommandations de sociétés savantes comme par exemple le CIRSE (Cardiovascular and Interventional Society of Europe - société européenne de radiologie interventionnelle).
L’embolisation des artères utérines consiste à obstruer sélectivement les artères alimentant les fibromes afin de les priver de leur apport sanguin, entraînant ainsi leur réduction et la disparition des symptômes.
C'est également un traitement efficace pour traiter les symptômes liés à l'adénomyose.

L’embolisation est indiquée en cas de :
Par rapport à l'hystérectomie, l'embolisation entraîne une perte sanguine plus faible, un séjour à l'hôpital plus court et une reprise plus rapide du travail à court terme. Les résultats à moyen et long terme (5 ans) montrent des résultats de qualité de vie liés à la santé comparables. L'embolisation est efficace à plus long terme dans 80% des cas et l'hystérectomie reste possible pour les 20% restants.
Les fibromes ne sont pas la seule cause de douleurs pelviennes chroniques : le syndrome de congestion pelvienne peut donner un tableau proche, et les deux situations peuvent coexister chez une même patiente.

C’est la préoccupation majeure pour l'embolisation des fibromes. Il faut distinguer deux phases :
L’embolisation est une technique sûre, mais certains effets secondaires peuvent survenir :
Le CNGOF (collège national des gynécologues-obstétriciens de France) reconnaît l'embolisation comme un traitement de première intention pour les fibromes symptomatiques (hémorragies, douleurs, pesanteur), au même titre que la myomectomie ou l'hystérectomie. Elle est particulièrement recommandée pour les femmes souhaitant :
Avantages :
Inconvénients :
Taux de récidive plus élevé que la chirurgie. Le risque de devoir subir une nouvelle intervention à moyen terme (5 ans) est plus élevé après une embolisation qu'après une chirurgie radicale (environ 15 à 20 % de réintervention). L'embolisation n'empêche pas d'avoir une myomectomie ou une hystérectomie en cas de récidive.
L’embolisation des fibromes permet une amélioration des symptômes chez plus de 80 % des patientes et une réduction significative du volume des fibromes dans les mois suivant l’intervention. Elle constitue une alternative efficace et durable à la chirurgie.
Une IRM de contrôle et une consultation seront programmés à 6 mois.
Vais-je pouvoir avoir des enfants après ?
C'est une question à aborder spécifiquement en consultation, et elle mérite une réponse nuancée. L'embolisation préserve l'utérus et des grossesses sont décrites après le geste, mais le niveau de preuve reste limité : la Haute Autorité de santé relève une absence de données de certitude sur la fertilité après embolisation.
Lorsqu'une grossesse est souhaitée et qu'un retrait chirurgical du fibrome est possible, c'est souvent cette option qui est privilégiée.
Lorsque la chirurgie n'est pas envisageable, nous adaptons la technique pour préserver au mieux la fonction ovarienne : particules de plus gros calibre, et occlusion préalable des anastomoses utéro-ovariennes lorsqu'elles sont à risque — une technique décrite pour la première fois par Marx et al. en 2003 (article en anglais). La plus grande série publiée sur le sujet porte sur 398 patientes de moins de 43 ans non éligibles à une myomectomie : 148 grossesses et 109 naissances vivantes y ont été recensées, et ses auteurs concluent que des essais contrôlés restent nécessaires (Serres-Cousine et al., 2021 — article en anglais).
Si vous avez un projet de grossesse, signalez-le dès la première consultation : votre prise en charge sera discutée avec votre gynécologue en tenant compte de ce paramètre.
Quelles sont les autres possibilités de traitement ?
Selon votre situation, d'autres traitements peuvent être envisagés : traitements médicaux (hormonaux), retrait chirurgical du ou des fibromes en conservant l'utérus, ou ablation de l'utérus. L'embolisation se distingue par son caractère mini-invasif, l'absence de chirurgie et de cicatrice, une récupération rapide et la conservation de l'utérus.
Le choix du traitement le mieux adapté se fait avec vous, en tenant compte de vos symptômes, de vos fibromes, de vos projets et de vos préférences, en concertation entre le radiologue interventionnel et le gynécologue.
Fibrome Info France — association de patientes qui informe et accompagne les femmes concernées par les fibromes utérins. Sa page consacrée aux traitements non chirurgicaux décrit l'embolisation et la replace parmi les autres options.
Traitements non médicamenteux des fibromes utérins — fiche pertinence de la Haute Autorité de santé (novembre 2022). Elle compare embolisation, myomectomie et hystérectomie, et rappelle que le choix doit reposer sur une information complète et une décision partagée avec la patiente (document PDF).
« Embolisation utérine pour fibromes utérins » — fiche d'information patient de la Société française de radiologie et de la Fédération de radiologie interventionnelle (document PDF).
