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N'oubliez pas que chaque patient est unique et que le diagnostic et la prise en charge de votre pathologie sont toujours adaptés à vos souhaits et vos particularités.
Cette page d'information n'a pas vocation à être exhaustive et toutes les réponses à vos questions n'y figurent pas forcément, n'hésitez pas à noter ces questions pour les poser à votre radiologue interventionnel en consultation.
Les informations présentées ci-dessous ont été rédigée par un médecin. Elles sont issues de notre pratique et des recommandations de sociétés savantes comme par exemple le CIRSE (Cardiovascular and Interventional Society of Europe - société européenne de radiologie interventionnelle).
L'embolisation des artères géniculées consiste à obstruer sélectivement les vaisseaux anormaux qui alimentent l'inflammation de l'articulation du genou en cas de gonarthrose (arthrose du genou), afin de diminuer la douleur chez les patient répondeur.
C'est une option thérapeutique supplémentaire pour les patients n'étant pas encore candidats à une prothèse ou présentant des contre-indications chirurgicales, le choix de cette technique peut être discuté en concertation avec votre rhumatologue ou votre chirurgien orthopédiste, afin de s'assurer qu'elle est la plus adaptée à votre stade d'arthrose.
L'embolisation est indiquée en cas de douleurs de gonarthrose (arthrose du genou) modérée à sévère malgré traitement médical maximal (antalgiques, infiltrations, visco-supplémentation, PRP, kinésithérapie...), chez un(e) patient(e) sans indication chirurgicale retenue.
Elle peut aussi parfois être indiquée en cas de douleurs persistantes après une chirurgie du genou, particulièrement dans les cas d'hémarthrose (saignement intra-articulaires) récidivante, qui concerne environ 3% des patients.
L'embolisation des artères géniculées permet une amélioration significative de la douleur et de la mobilité chez 2 patients traités sur 3, avec un soulagement durant plus d'un an dans la majorité des cas. Aucun effet indésirable grave n'a été publié dans les essais randomisés publié aà ce jour (3 juillet 2026).
Après une anesthésie locale, un cathéter est introduit dans le pli de l'aine (artère fémorale).
Sous contrôle radio, le cathéter est dirigé jusqu'aux artères qui entourent le genou.
On injecte un produit de contraste pour visualiser "l'hypervascularisation", c'est-à-dire les zones où l'inflammation crée un excès de petits vaisseaux responsables de la douleur.
Le médecin injecte de minuscules particules dans ces petites artères inflammatoires pour boucher le flux sanguin excessif.
Pendant l'intervention : L'intervention elle-même n'est pas douloureuse. Elle est réalisée sous anesthésie locale au point de ponction (pli de l'aine), ce qui rend l'introduction du cathéter indolore. Pour votre confort, une sédation légère est administrée par l'anesthésiste pour vous aider à vous détendre. Une poche de glace est appliquée autour du genou pour réduire le calibre des artères (vasoconstriction) qui alimentent la peau.
Après l'intervention : Les suites sont généralement simples. Une douleur modérée, semblable à une courbature ou à une sensation de tension dans le genou, peut apparaître dans les 24 à 48 heures suivant le geste.
Un protocole antalgique simple (paracétamol ou anti-inflammatoires) vous sera systématiquement prescrit pour couvrir cette période, avec une atelle de cryothérapie. La grande majorité des patients ne ressentent aucune douleur invalidante et peuvent reprendre la marche dès leur retour à domicile.
L'embolisation est une technique sûre, mais comme toute intervention, certains effets secondaires peuvent survenir :
L'embolisation ne guérit pas l'arthrose et ne répare pas le cartilage : à ce jour, aucun traitement ne permet de faire disparaître l'arthrose du genou. Son but est d'agir sur la douleur, en réduisant l'inflammation et l'excès de petits vaisseaux qui l'entretiennent. Beaucoup de patients retrouvent ainsi un meilleur confort et une meilleure mobilité, ce qui permet souvent de reprendre une activité physique et la kinésithérapie, bénéfiques pour l'articulation.
L'embolisation soulage environ deux patients sur trois. Pour identifier les patients les plus susceptibles d'en bénéficier, la consultation et l'imagerie (notamment l'IRM) jouent un rôle central : elles permettent de rechercher une composante inflammatoire du genou (synovite, hypervascularisation) et de s'assurer que la douleur correspond bien à ce qui peut être traité par embolisation. La décision se prend au cas par cas, idéalement en concertation avec votre rhumatologue ou votre chirurgien.
Oui, et c'est un point rassurant : l'embolisation ne « brûle aucune étape ». Elle ne modifie pas l'articulation et n'empêche pas, par la suite, une infiltration, une nouvelle embolisation ou la pose d'une prothèse si elle devient nécessaire. Elle peut donc être envisagée sereinement comme une option intermédiaire, sans compromettre les traitements ultérieurs.
Chez la majorité des patients répondeurs, le soulagement se maintient plus d'un an. L'arthrose étant une maladie évolutive, la douleur peut réapparaître avec le temps. Dans ce cas, plusieurs options restent possibles, dont une nouvelle embolisation, à rediscuter selon votre situation.
Oui. Si le geste a été efficace et que les douleurs réapparaissent à distance, l'embolisation peut être renouvelée, dans les mêmes conditions ambulatoires. Cette possibilité est appréciée au cas par cas.
L'arthrose touche fréquemment les deux genoux. Chaque genou est en général traité séparément, lors de séances distinctes, afin de bien évaluer le bénéfice de chaque côté. L'organisation vous est expliquée en consultation.
Il n'existe pas de contre-indication absolue dans la plupart des situations, mais certaines conditions demandent une évaluation particulière : une mauvaise circulation artérielle dans les jambes, une infection en cours, une allergie sévère au produit de contraste ou une insuffisance rénale marquée. Ces éléments sont vérifiés lors de la consultation préalable, qui permet de confirmer que l'embolisation est adaptée à votre cas.
Oui. L'embolisation ne remplace pas votre prise en charge globale : les antalgiques, la kinésithérapie et, si besoin, les infiltrations restent possibles. Il est même recommandé de profiter du soulagement obtenu pour poursuivre la rééducation et l'activité physique, qui contribuent au bon fonctionnement de l'articulation.
Une infiltration délivre un produit (souvent de la cortisone ou de l'acide hyaluronique) directement dans l'articulation, avec un effet généralement transitoire. L'embolisation agit différemment : elle réduit l'excès de vaisseaux inflammatoires qui alimentent la douleur. Chez les patients répondeurs, le soulagement obtenu tend à être plus durable. Les deux approches ne s'opposent pas et peuvent s'inscrire dans un même parcours de soins.
C'est une question légitime. L'embolisation des artères géniculées est une technique récente, dont les résultats sur la douleur sont encourageants et dont la sécurité est bien documentée (aucun effet indésirable grave rapporté dans les essais randomisés publiés à ce jour). Elle continue néanmoins d'être évaluée par des études contrôlées afin de préciser exactement sa place et les patients qui en bénéficient le plus. Elle est reconnue et encadrée par les sociétés savantes de radiologie interventionnelle. Sa proposition se fait donc de façon éclairée, après information et, le plus souvent, en concertation avec votre rhumatologue ou votre chirurgien.
