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Pictogramme d'un foie — drainage biliaire percutané

Drainage biliaire percutané

N'oubliez pas que chaque patient est unique et que le diagnostic et la prise en charge de votre pathologie sont toujours adaptés à vos souhaits et vos particularités.

Cette page d'information n'a pas vocation à être exhaustive et toutes les réponses à vos questions n'y figurent pas forcément, n'hésitez pas à noter ces questions pour les poser à votre radiologue interventionnel en consultation.

Les informations présentées ci-dessous ont été rédigée par un médecin. Elles sont issues de notre pratique et des recommandations de sociétés savantes comme par exemple le CIRSE (Cardiovascular and Interventional Society of Europe - société européenne de radiologie interventionnelle).

Qu'est ce que c'est ?

Le drainage biliaire percutané consiste à mettre en place un fin tuyau (un cathéter) dans les voies biliaires, en passant à travers la peau et le foie, afin d'évacuer la bile qui ne s'écoule plus normalement.

La bile est fabriquée en continu par le foie. Elle rejoint l'intestin par un réseau de petits canaux — les voies biliaires — pour participer à la digestion des graisses. Lorsque ce trajet est bloqué, la bile s'accumule en amont et reflue dans le sang. C'est ce qui provoque la jaunisse (ictère), des démangeaisons parfois intenses, des urines foncées et des selles décolorées.

Au-delà de l'inconfort, cette accumulation expose à deux risques : l'infection des voies biliaires (angiocholite), qui peut être grave, et une souffrance du foie. Elle empêche aussi, bien souvent, de démarrer un traitement anticancéreux.

Le drainage a donc un double objectif : soulager rapidement les symptômes et rétablir un état général compatible avec la suite de la prise en charge.

Pourquoi ?

Le drainage biliaire percutané est indiqué lorsqu'un obstacle empêche la bile de s'écouler. Les situations les plus fréquentes sont :

  • Un rétrécissement d'origine tumorale : tumeur de la tête du pancréas, cholangiocarcinome, tumeur du hile hépatique, ganglions comprimant les voies biliaires
  • Un rétrécissement bénin, souvent cicatriciel, après une chirurgie des voies biliaires ou une transplantation
  • Une fuite de bile après chirurgie
  • Une angiocholite ne cédant pas au traitement médical, situation dans laquelle le drainage devient urgent
  • Un calcul non accessible par voie endoscopique

Dans la majorité des cas, la première option proposée est la voie endoscopique (CPRE), réalisée par un gastro-entérologue en passant par la bouche. La voie percutanée intervient quand cette approche a échoué, n'est pas réalisable — notamment après certaines chirurgies digestives qui modifient l'anatomie — ou quand l'obstacle se situe haut dans le foie, au niveau du hile.

Les deux approches ne s'opposent pas : elles sont complémentaires.

Comment ?

L'intervention a lieu au bloc de radiologie interventionnelle et dure en moyenne 45 à 90 minutes.

  • Installation et anesthésie. Vous êtes allongé sur le dos. Le geste est réalisé le plus souvent sous anesthésie générale, parfois sous anesthésie locale associée à une sédation pour votre confort.
  • Repérage. Le radiologue localise les voies biliaires dilatées à l'échographie, à travers la peau.
  • Ponction. Une fine aiguille est introduite jusqu'à un canal biliaire. Un produit de contraste est injecté pour cartographier l'ensemble du réseau et localiser précisément l'obstacle : c'est la cholangiographie.
  • Mise en place du drain. Un guide souple est glissé dans le canal, puis le cathéter est positionné dessus. Selon ce que montre la cartographie, trois configurations sont possibles :
    • drainage externe — le cathéter recueille la bile dans une poche à l'extérieur, lorsque l'obstacle ne peut pas être franchi ;
    • drainage interne-externe — le cathéter traverse l'obstacle et rétablit l'écoulement vers l'intestin, tout en gardant un accès externe ;
    • prothèse (stent) — un petit ressort maintient le canal ouvert de l'intérieur, et permet d'éviter de laisser un drain dans la plupart des cas.
  • Fin du geste. Le cathéter est fixé à la peau par un point ou un système adhésif, et raccordé à une poche.

La configuration retenue dépend de l'anatomie et de la cause de l'obstruction. Elle vous est expliquée avant le geste, et peut évoluer lors d'une seconde séance.

Est-ce que ça fait mal ?

  • Pendant l'intervention : le geste étant le plus souvent réalisé sous anesthésie générale, vous ne ressentez rien. Lorsqu'il est réalisé sous anesthésie locale et sédation, l'anesthésie est menée soigneusement de la peau jusqu'à la capsule du foie, qui est la zone sensible : la piqûre initiale est comparable à celle d'une prise de sang, puis vous pouvez ressentir une sensation de pression ou de pesanteur, plus impressionnante que douloureuse.
  • Après l'intervention : une douleur au point d'entrée et sous les côtes est fréquente pendant 24 à 48 heures, souvent décrite comme une courbature. Elle est anticipée par une prescription d'antalgiques adaptés.
  • Les jours suivants : une gêne à la mobilisation du drain peut persister. Elle diminue progressivement à mesure que le trajet cicatrise.

Quels sont les risques ?

Le drainage biliaire est un geste bien codifié, mais il n'est pas anodin — il est d'ailleurs le plus souvent proposé dans des situations où l'abstention serait plus risquée encore.

  • Infection (angiocholite, septicémie). C'est le risque principal, favorisé par la stagnation de la bile souvent déjà infectée. Un antibiotique est administré avant le geste.
  • Saignement. Le trajet traverse le foie, organe très vascularisé. Un saignement minime est fréquent et se tarit seul ; une plaie d'une artère hépatique est rare mais peut nécessiter un geste complémentaire d'embolisation — réalisé dans le même service.
  • Fuite de bile le long du trajet ou dans la cavité abdominale.
  • Déplacement ou obstruction du cathéter, qui impose de le repositionner ou de le changer.
  • Atteinte de la plèvre (pneumothorax, épanchement biliaire), rare, liée à la proximité du poumon lors des abords droits.

Un bilan de coagulation est vérifié avant le geste, et les traitements anticoagulants ou antiagrégants font l'objet de consignes spécifiques.

Et après l'intervention ?

  • Surveillance. Une hospitalisation est nécessaire, sa durée dépendant de la situation initiale et de la présence d'une infection.
  • Efficacité. La jaunisse et les démangeaisons régressent progressivement sur plusieurs jours. La bilirubine est surveillée par prises de sang.
  • Vivre avec un drain. Si un drainage externe a été mis en place, une poche recueille la bile. Des soins infirmiers réguliers sont organisés à domicile pour la réfection du pansement et le rinçage du cathéter. La douche est possible en protégeant le point d'entrée ; les bains sont à éviter.
  • Signes devant faire consulter sans attendre : fièvre ou frissons, douleur abdominale intense, arrêt brutal de l'écoulement dans la poche, écoulement autour du cathéter, réapparition de la jaunisse.
  • Suite. Selon la cause, le drain peut être retiré après traitement de l'obstacle, remplacé par une prothèse interne, ou maintenu au long cours. Une consultation de suivi est programmée.
Chaque intervention fait l'objet d'un compte-rendu détaillé adressé au médecin traitant et au spécialiste référent sous 24h.

Questions fréquemment posées

Combien de temps vais-je garder le drain ?

Cela dépend entièrement de la cause. Dans certaines situations il est retiré après quelques jours ou quelques semaines, une fois l'obstacle traité ou une prothèse interne posée. Dans d'autres, il est maintenu plus longtemps, avec des changements réguliers. Ce point vous est précisé selon votre situation.

Est-ce que je vais pouvoir rentrer chez moi avec ?

Oui. Le retour à domicile est la règle une fois la surveillance initiale terminée. Des soins infirmiers sont organisés avant votre sortie.

Puis-je prendre une douche ?

Oui, en protégeant le point d'entrée et le pansement. Les bains, la piscine et la mer sont à éviter tant que le cathéter est en place.

Est-ce que le drain peut se déplacer ?

C'est possible, notamment dans les premiers jours. C'est pourquoi il est fixé à la peau et pourquoi il faut éviter de tirer dessus. En cas de déplacement, contactez le service : un repositionnement est généralement simple s'il est fait rapidement.

Préparez votre consultation

  • Ecrivez à l'avance toutes les questions que vous souhaitez poser à votre radiologue interventionnel
  • Ramenez tous les examens en rapport avec votre pathologie (échographie, scanner, irm...), vos résultats de prise de sang et la liste de vos traitements.
  • Le courrier de votre médecin traitant ou spécialiste.
  • Vous avez le droit de venir accompagné(e) d'une personne de confiance.
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