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Sonde de cryothérapie plantée dans un nodule entouré d'un glaçon — traitement de l'endométriose pariétale

Traitement de l'endométriose pariétale par cryothérapie

N'oubliez pas que chaque patient est unique et que le diagnostic et la prise en charge de votre pathologie sont toujours adaptés à vos souhaits et vos particularités.

Cette page d'information n'a pas vocation à être exhaustive et toutes les réponses à vos questions n'y figurent pas forcément, n'hésitez pas à noter ces questions pour les poser à votre radiologue interventionnel en consultation.

Les informations présentées ci-dessous ont été rédigée par un médecin. Elles sont issues de notre pratique et des recommandations de sociétés savantes comme par exemple le CIRSE (Cardiovascular and Interventional Society of Europe - société européenne de radiologie interventionnelle).

Qu'est ce que c'est ?

L'endométriose pariétale correspond à l'implantation de cellules d'endomètre — le tissu qui tapisse l'intérieur de l'utérus — dans la paroi du ventre. Ces cellules forment un nodule, le plus souvent situé au niveau d'une cicatrice de césarienne.

Cette forme d'endométriose est particulière : elle est isolée dans la paroi abdominale et n'a pas le même comportement que l'endométriose pelvienne. Elle apparaît généralement dans les mois ou les années qui suivent la césarienne.

Elle est fréquemment méconnue. Beaucoup de patientes consultent longtemps avec une douleur attribuée à une cicatrice sensible, à une hernie ou à un problème digestif — alors que le caractère cyclique de la douleur est très évocateur.

La cryothérapie consiste à détruire ce nodule par le froid, à travers la peau, sans ouvrir la paroi.

Pourquoi ?

Le traitement est proposé lorsque le nodule est symptomatique. Les signes les plus caractéristiques sont :

  • Une douleur cyclique, maximale pendant les règles, toujours au même endroit de la cicatrice
  • Une masse palpable sous la peau, parfois sensible en dehors des règles
  • Une douleur résistante aux antalgiques habituels et aux traitements hormonaux
  • Un retentissement sur la vie quotidienne, professionnelle ou intime

Le diagnostic repose d'abord sur l'interrogatoire — la relation entre la douleur et le cycle est l'élément clé — complété par une échographie de la paroi et une IRM, qui précisent la taille du nodule, sa profondeur et ses rapports avec le muscle.

L'endométriose pariétale n'est pas la seule cause de douleurs pelviennes chroniques : selon les symptômes, le bilan peut aussi rechercher des fibromes utérins ou un syndrome de congestion pelvienne, qui relèvent d'autres traitements par voie percutanée.

Le traitement de référence a longtemps été l'exérèse chirurgicale, c'est-à-dire le retrait du nodule avec une marge de tissu sain. La cryothérapie percutanée est une alternative plus récente, qui permet de traiter le nodule sans incision.

Comment ?

L'intervention a lieu au bloc de radiologie interventionnelle, sous anesthésie générale, et dure environ 30 minutes.

  • Repérage. Le nodule est localisé à l'échographie, à travers la peau. Nous associons un cone beam CT — un scanner intégré à l'appareil d'angiographie — qui permet d'obtenir des images en coupes directement sur la table, sans changer de salle.
  • Mise en place des cryosondes. Une ou plusieurs aiguilles fines sont introduites dans le nodule sous contrôle échographique. Leur nombre dépend de la taille de la lésion.
  • Congélation. Les aiguilles créent une boule de glace qui englobe le nodule et une marge de sécurité autour. La progression du glaçon est suivie en direct, ce qui permet d'adapter le traitement en temps réel et de protéger les structures voisines — peau, muscle, intestin.
  • Fin du geste. Les aiguilles sont retirées et un simple pansement est appliqué. Il n'y a ni incision ni suture.

L'intervention se déroule en ambulatoire : vous rentrez chez vous le jour même.

Est-ce que ça fait mal ?

  • Pendant l'intervention : réalisée sous anesthésie générale, vous ne ressentez rien.
  • Juste après : une douleur locale et une sensation de brûlure ou d'engourdissement sont fréquentes, liées à l'action du froid sur les tissus. Elles sont prises en charge par des antalgiques prescrits systématiquement.
  • Les jours suivants : un gonflement, un bleu et une zone insensible autour des points de ponction sont habituels. La sensibilité de la peau met parfois plusieurs semaines à revenir complètement.
  • À distance : la douleur cyclique, elle, diminue progressivement au fil des cycles suivants.

C'est un point à connaître avant l'intervention : le soulagement est progressif. Le nodule mettant plusieurs semaines à se résorber, le bénéfice s'apprécie sur deux à trois cycles.

Quels sont les risques ?

La cryothérapie pariétale est un geste bien toléré, mais comme toute intervention elle comporte des risques :

  • Hématome au point de ponction ou dans la paroi, le plus souvent sans conséquence.
  • Troubles de la sensibilité cutanée en regard de la zone traitée : engourdissement ou hypersensibilité, généralement transitoires.
  • Atteinte cutanée par le froid, prévenue par des mesures de protection de la peau pendant le geste.
  • Infection, rare.
  • Traitement incomplet en cas de nodule volumineux ou de contours mal délimités, pouvant nécessiter une seconde séance.

Le nodule étant situé dans la paroi et non dans l'abdomen, le risque de lésion des organes internes est faible — le guidage permettant de contrôler en permanence la distance aux structures voisines.

Place dans le parcours de soin

L'exérèse chirurgicale reste une option validée et efficace. Les deux approches se discutent, et le choix dépend surtout de la taille du nodule et de sa profondeur.

Ce que la cryothérapie apporte :

  • Aucune incision : quelques points de ponction millimétriques, pas de nouvelle cicatrice sur une paroi déjà opérée
  • La paroi abdominale est conservée. La chirurgie impose parfois, pour les nodules volumineux, de retirer une partie du muscle ou de l'aponévrose et de renforcer la paroi par une prothèse
  • Une prise en charge ambulatoire
  • Une reprise d'activité plus rapide
  • La possibilité de traiter plusieurs nodules dans le même temps

Ce qu'elle ne fait pas :

  • Elle ne retire pas le nodule : celui-ci est détruit sur place puis résorbé, ce qui explique un bénéfice progressif et une induration persistante quelques semaines
  • Elle ne fournit pas d'analyse anatomopathologique de la lésion entière — une biopsie peut être réalisée avant le traitement si un doute diagnostique existe
  • Les nodules très volumineux ou très étendus peuvent relever davantage de la chirurgie

Ce qu'elle ne remplace pas non plus : la prise en charge d'une éventuelle endométriose pelvienne associée, qui relève d'un suivi gynécologique spécifique.

Le choix se fait avec vous, en concertation avec votre gynécologue.

Et après l'intervention ?

  • Retour à domicile le jour même, après quelques heures de surveillance.
  • Reprise des activités rapide : la marche est immédiate. Les efforts importants et le port de charges lourdes sont à éviter les premiers jours. Un arrêt de travail est prescrit, sa durée est adaptée à votre activité professionnelle.
  • Évolution locale. Une induration peut être perçue sous la peau pendant plusieurs semaines : c'est le nodule traité, en cours de résorption. Sa disparition est progressive.
  • Évaluation du résultat. Elle se fait sur la douleur, au fil des cycles menstruels. Une consultation de suivi est programmée entre 3 et 6 mois, avec une IRM de contrôle.
  • Signes devant faire consulter : fièvre, douleur qui s'aggrave au lieu de diminuer, rougeur ou écoulement au point de ponction.
Chaque intervention fait l'objet d'un compte-rendu détaillé adressé au médecin traitant et au spécialiste référent sous 24h.

Questions fréquemment posées

Est-ce que le nodule peut revenir ?

La cryothérapie détruit le tissu traité. Une récidive au même endroit reste possible, en particulier si le nodule était volumineux ou mal limité. Un nouveau traitement est alors envisageable.

Vais-je garder une cicatrice ?

Non. Le traitement se fait par des points de ponction de quelques millimètres, qui ne laissent pas de cicatrice visible. C'est l'un des intérêts de la technique sur une paroi déjà marquée par la césarienne.

Combien de temps avant de sentir une amélioration ?

Le bénéfice s'apprécie sur les cycles suivants. La douleur diminue progressivement, le nodule traité mettant plusieurs semaines à se résorber.

Puis-je avoir une grossesse après ?

Oui. Le geste porte sur la paroi abdominale et non sur l'utérus ou les ovaires, et ne compromet pas une grossesse ultérieure. Signalez un projet de grossesse en consultation.

Est-ce que ça traite mon endométriose en général ?

Non. Ce traitement s'adresse au nodule de la paroi. Si vous avez par ailleurs une endométriose pelvienne, sa prise en charge se poursuit avec votre gynécologue.

Préparez votre consultation

  • Ecrivez à l'avance toutes les questions que vous souhaitez poser à votre radiologue interventionnel
  • Ramenez tous les examens en rapport avec votre pathologie (échographie, scanner, irm...), vos résultats de prise de sang et la liste de vos traitements.
  • Le courrier de votre médecin traitant ou spécialiste.
  • Vous avez le droit de venir accompagné(e) d'une personne de confiance.
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