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Pictogramme d'un foie — traitement des tumeurs du foie par ablation percutanée

Traitement des tumeurs du foie par ablation percutanée

N'oubliez pas que chaque patient est unique et que le diagnostic et la prise en charge de votre pathologie sont toujours adaptés à vos souhaits et vos particularités.

Cette page d'information n'a pas vocation à être exhaustive et toutes les réponses à vos questions n'y figurent pas forcément, n'hésitez pas à noter ces questions pour les poser à votre radiologue interventionnel en consultation.

Les informations présentées ci-dessous ont été rédigée par un médecin. Elles sont issues de notre pratique et des recommandations de sociétés savantes comme par exemple le CIRSE (Cardiovascular and Interventional Society of Europe - société européenne de radiologie interventionnelle).

Qu'est ce que c'est ?

L'ablation percutanée consiste à détruire une tumeur du foie sur place, à travers la peau, sans retirer chirurgicalement la partie du foie qui la contient.

Une aiguille fine est amenée jusqu'à la lésion sous guidage par l'image, puis délivre une chaleur localisée — par radiofréquence ou par micro-ondes. Les cellules tumorales sont détruites en quelques minutes, et l'organisme élimine progressivement la zone traitée. Le reste du foie est préservé.

Pourquoi ?

Nous traitons en grande majorité des métastases hépatiques, le plus souvent d'origine colorectale, et plus rarement des carcinomes hépatocellulaires développés sur un foie de cirrhose.

Les situations dans lesquelles elle est proposée :

  • Des lésions de petite taille, en nombre limité, accessibles à une aiguille
  • Un patient chez qui une chirurgie hépatique présenterait un risque élevé — comorbidités, foie déjà opéré, réserve hépatique limitée
  • Une récidive après une première chirurgie ou une première ablation
  • Une lésion découverte au cours du suivi d'un cancer déjà traité, que l'on veut contrôler sans interrompre longtemps la chimiothérapie
  • En complément d'une chirurgie, pour traiter les lésions situées dans la partie du foie que l'on souhaite conserver

L'indication est toujours posée en réunion de concertation pluridisciplinaire, avec votre chirurgien digestif, votre hépato-gastro-entérologue et votre oncologue. Lorsque le diagnostic n'est pas certain, une biopsie est réalisée au préalable.

Comment ?

L'intervention a lieu au bloc de radiologie interventionnelle, sous anesthésie générale, et dure environ une heure — le temps de monter le cathéter jusqu'aux artères du foie, de traiter la lésion et de réaliser les contrôles.

Nous avons fait le choix d'associer deux approches dans le même temps opératoire :

  • Une artériographie par le poignet : un cathéter très fin est introduit dans l'artère radiale, au poignet, et monté jusqu'aux artères du foie. L'injection de produit de contraste rend les lésions beaucoup plus visibles qu'en imagerie standard.
  • Un scanner sur table (CBCT) : le scanner à faisceau conique, réalisé directement sur la table d'intervention, donne une image en volume de la tumeur et de ses limites.
  • Le guidage par échographie permet ensuite de suivre l'aiguille en temps réel pendant sa progression jusqu'à la lésion.

Cette combinaison répond à un problème précis : la réussite d'une ablation ne dépend pas seulement de la destruction de la tumeur, mais de la marge de sécurité obtenue tout autour d'elle. En voyant précisément les contours de la lésion avant le traitement, et en réalisant un contrôle CBCT immédiatement après, nous vérifions cette marge alors que vous êtes encore endormi — et nous pouvons compléter le traitement dans le même temps si elle est insuffisante.

C'est un point établi dans la littérature : la marge mesurée sur les images faites pendant l'intervention prédit bien mieux le résultat à distance que celle mesurée sur le premier scanner de contrôle (Lin et al., Investigative Radiology, 2024 — article en anglais).

Le déroulement :

  • Installation et anesthésie générale
  • Ponction de l'artère au poignet, puis artériographie et CBCT
  • Mise en place de l'aiguille à travers la peau, sous échographie, jusqu'à la tumeur
  • Traitement par radiofréquence ou micro-ondes pendant quelques minutes
  • Contrôle CBCT immédiat pour vérifier que la lésion et sa marge sont entièrement traitées
  • Retrait de l'aiguille et du cathéter. Un simple bracelet compressif est mis en place au poignet ; aucun point de suture n'est nécessaire.

Est-ce que ça fait mal ?

L'intervention est réalisée sous anesthésie générale : vous ne ressentez rien.

Au réveil, la douleur est habituellement modérée — une gêne dans la partie droite du ventre, parfois une douleur projetée vers l'épaule droite, contrôlée par des antalgiques simples. Elle s'estompe en quelques jours.

Certains patients ressentent, dans les 48 heures, une fatigue avec un peu de fièvre : c'est la réaction normale de l'organisme à la zone traitée, et non une infection.

Il n'y a pas de cicatrice, seulement un point de ponction au poignet et un ou plusieurs points de ponction sur l'abdomen, couverts d'un pansement.

Quels sont les risques ?

L'ablation hépatique est un geste sûr, mais aucune intervention n'est dénuée de risque. Les complications sont peu fréquentes :

  • Saignement autour du foie, le plus souvent minime ; exceptionnellement il nécessite une embolisation ou une transfusion
  • Épanchement d'air autour du poumon (pneumothorax) lorsque la lésion est haut située, parfois drainé
  • Douleur et fébricule dans les jours suivants, habituels et transitoires
  • Infection de la zone traitée (abcès), rare, favorisée par des antécédents de chirurgie des voies biliaires
  • Lésion d'une voie biliaire ou d'un organe voisin, rare
  • Hématome au poignet, au point de ponction artérielle, sans conséquence dans la très grande majorité des cas
  • Traitement incomplet ou récidive locale : recherchée par le suivi en imagerie, et le plus souvent retraitable par une nouvelle ablation

Place dans le parcours de soin

Pendant longtemps, l'ablation était réservée aux patients qui ne pouvaient pas être opérés. Cette position a changé.

L'essai COLLISION, publié dans The Lancet Oncology en 2025, a comparé chez 300 patients l'ablation thermique à la chirurgie pour des métastases hépatiques colorectales de moins de 3 cm, opérables. L'essai a été interrompu avant son terme parce que les résultats étaient acquis : la survie globale et le contrôle local n'étaient pas inférieurs avec l'ablation, et le profil de sécurité était nettement meilleur — 19 % de complications contre 46 % après chirurgie, et aucun décès lié au traitement dans le groupe ablation contre trois dans le groupe chirurgie (van der Lei et al., The Lancet Oncology, 2025 — article en anglais).

Ce que cela change concrètement :

  • Pas de cicatrice, pas d'ouverture de l'abdomen : une ou plusieurs aiguilles suffisent
  • Récupération plus rapide, ce qui permet de reprendre plus tôt un traitement par chimiothérapie lorsqu'il est prévu
  • Foie préservé : aucun volume hépatique n'est retiré, ce qui compte lorsque plusieurs traitements successifs sont nécessaires
  • Répétable : en cas de nouvelle lésion, un nouveau traitement est le plus souvent possible

Cela ne veut pas dire que l'ablation remplace la chirurgie. Au-delà d'une certaine taille, ou pour des lésions mal situées, la résection reste supérieure. Les auteurs de COLLISION concluent d'ailleurs que le choix doit être individualisé. C'est exactement ce que nous faisons en consultation : vous exposer les deux options, avec leurs résultats et leurs limites, et décider avec vous.

Et après l'intervention ?

  • Surveillance en salle de réveil, puis une nuit d'hospitalisation.
  • Retour à domicile le lendemain, avec des antalgiques simples. Le bracelet compressif du poignet est retiré avant la sortie.
  • Reprise des activités en quelques jours ; un arrêt de travail est prescrit, sa durée est adaptée à votre activité professionnelle.
  • Contrôle en imagerie (scanner ou IRM) puis consultation avec le radiologue interventionnel qui a réalisé le geste.
  • Le suivi est ensuite poursuivi à intervalles réguliers, en lien avec votre oncologue et votre chirurgien.
Chaque intervention fait l'objet d'un compte-rendu détaillé adressé au médecin traitant et au spécialiste référent sous 24h.

Questions fréquemment posées

Combien de lésions peut-on traiter en une fois ?

Cela dépend de leur taille et de leur répartition dans le foie. Plusieurs lésions peuvent être traitées au cours de la même intervention ; lorsqu'elles sont trop nombreuses ou trop dispersées, nous organisons plusieurs séances.

Est-ce que je vais avoir une cicatrice ?

Non. L'aiguille laisse un point de ponction de quelques millimètres sur l'abdomen, et le cathéter un point au poignet.

Est-ce que c'est aussi efficace qu'une opération ?

Pour les métastases colorectales de moins de 3 cm, un essai randomisé a montré que l'ablation n'était pas inférieure à la chirurgie en termes de survie et de contrôle local, avec deux fois moins de complications. Pour des lésions plus grandes ou mal situées, la chirurgie garde l'avantage.

Vais-je devoir interrompre ma chimiothérapie ?

Une courte interruption est habituelle autour de l'intervention. La récupération rapide après ablation permet en général de reprendre le traitement plus tôt qu'après une chirurgie. Les modalités sont décidées avec votre oncologue.

Pourquoi une ponction au poignet ?

Elle permet d'injecter le produit de contraste directement dans les artères du foie et de voir la tumeur beaucoup mieux qu'avec une imagerie classique. C'est ce qui nous permet de vérifier, avant et immédiatement après le traitement, que la marge de sécurité autour de la lésion est suffisante.

Qui décide du traitement ?

La proposition est faite en réunion de concertation pluridisciplinaire. La décision finale vous revient, après une consultation où toutes les options vous sont présentées.

Préparez votre consultation

  • Ecrivez à l'avance toutes les questions que vous souhaitez poser à votre radiologue interventionnel
  • Ramenez tous les examens en rapport avec votre pathologie (échographie, scanner, irm...), vos résultats de prise de sang et la liste de vos traitements.
  • Le courrier de votre médecin traitant ou spécialiste.
  • Vous avez le droit de venir accompagné(e) d'une personne de confiance.
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