
N'oubliez pas que chaque patient est unique et que le diagnostic et la prise en charge de votre pathologie sont toujours adaptés à vos souhaits et vos particularités.
Cette page d'information n'a pas vocation à être exhaustive et toutes les réponses à vos questions n'y figurent pas forcément, n'hésitez pas à noter ces questions pour les poser à votre radiologue interventionnel en consultation.
Les informations présentées ci-dessous ont été rédigée par un médecin. Elles sont issues de notre pratique et des recommandations de sociétés savantes comme par exemple le CIRSE (Cardiovascular and Interventional Society of Europe - société européenne de radiologie interventionnelle).
L'ablation percutanée consiste à détruire une tumeur du rein sur place, à travers la peau, sans l'enlever chirurgicalement et sans retirer le rein.
Une aiguille fine est amenée jusqu'à la lésion sous guidage par l'image, puis délivre soit un froid intense (cryothérapie), soit une chaleur localisée (radiofréquence). Les cellules tumorales sont détruites, et l'organisme élimine progressivement la zone traitée. Le reste du rein n'est pas touché.
Cette intervention s'adresse aux tumeurs du rein de petite taille, découvertes le plus souvent de manière fortuite sur un scanner ou une échographie réalisés pour un autre motif.
Les situations dans lesquelles elle est proposée :
La décision est prise en réunion de concertation pluridisciplinaire, avec votre urologue. Le choix ne se fait jamais entre la chirurgie et nous : il se fait avec vous, en fonction de votre tumeur, de votre rein et de votre état général.
Lorsque le diagnostic n'est pas certain, une biopsie est réalisée au préalable — parfois dans le même temps que le traitement.
L'intervention a lieu au bloc de radiologie interventionnelle, sous anesthésie générale, et dure environ 45 minutes.
Cryothérapie ou radiofréquence ? Le choix dépend de la taille de la tumeur, de sa position dans le rein et de sa proximité avec les voies urinaires ou les organes voisins. Les deux techniques sont reconnues par les recommandations internationales et donnent des résultats comparables ; nous retenons celle qui traite le mieux votre lésion en respectant ce qui l'entoure.
L'intervention elle-même est réalisée sous anesthésie générale : vous ne ressentez rien.
Au réveil, la douleur est habituellement modérée — une sensation de courbature ou de pesanteur dans le flanc, contrôlée par des antalgiques simples. Elle s'estompe en quelques jours. Il n'y a pas de cicatrice, seulement un ou plusieurs points de ponction couverts d'un pansement.
L'ablation percutanée est un geste sûr, mais aucune intervention n'est dénuée de risque. Les complications sont peu fréquentes et le plus souvent bénignes :
La fonction rénale est habituellement préservée après le traitement.
La chirurgie partielle du rein — la néphrectomie partielle — reste le traitement de référence des tumeurs du rein, en particulier chez les patients jeunes et en bon état général : le contrôle local du cancer y est légèrement supérieur.
L'ablation percutanée a d'autres atouts :
Sur les tumeurs de petite taille, les résultats à distance sont solides : dans une étude internationale portant sur 643 patients suivis en moyenne plus de trois ans, la survie sans récidive locale était d'environ 85 % pour la cryothérapie comme pour la radiofréquence, sans différence significative entre les deux techniques (Carbonara et al., International Brazilian Journal of Urology, 2025 — article en anglais). Une méta-analyse publiée en 2025 retrouve des résultats comparables à ceux de la chirurgie pour les tumeurs de stade T1 (Shaaban Abdelgalil et al., Journal of Vascular and Interventional Radiology, 2025 — article en anglais).
Autrement dit : ce n'est pas une technique « moins bonne », c'est une technique qui répond à d'autres situations. Nous vous exposons en consultation ce que chacune permet dans votre cas, et la décision vous appartient.
Vais-je perdre mon rein ?
Non. L'objectif de cette technique est précisément de détruire la tumeur en conservant le rein et sa fonction.
Est-ce que je vais avoir une cicatrice ?
Non. L'aiguille laisse un point de ponction de quelques millimètres, recouvert d'un pansement.
Est-ce que c'est aussi efficace qu'une opération ?
Sur les petites tumeurs, les résultats à distance sont proches de ceux de la chirurgie, avec une survie sans récidive locale de l'ordre de 85 % dans les séries publiées. Le risque de repousse locale est un peu plus élevé qu'après chirurgie, mais il est dépisté par le suivi en imagerie et le plus souvent traitable par une nouvelle ablation.
Puis-je être traité si j'ai plusieurs tumeurs ?
Oui. C'est même une des situations où cette technique est particulièrement adaptée, car elle peut être répétée sans abîmer le rein.
Qui décide du traitement ?
La proposition est faite en réunion de concertation pluridisciplinaire avec votre urologue et les oncologues. La décision finale vous revient, après une consultation où toutes les options vous sont présentées.
