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Pictogramme d'un rein — traitement des tumeurs du rein par ablation percutanée

Traitement des tumeurs du rein par ablation percutanée

N'oubliez pas que chaque patient est unique et que le diagnostic et la prise en charge de votre pathologie sont toujours adaptés à vos souhaits et vos particularités.

Cette page d'information n'a pas vocation à être exhaustive et toutes les réponses à vos questions n'y figurent pas forcément, n'hésitez pas à noter ces questions pour les poser à votre radiologue interventionnel en consultation.

Les informations présentées ci-dessous ont été rédigée par un médecin. Elles sont issues de notre pratique et des recommandations de sociétés savantes comme par exemple le CIRSE (Cardiovascular and Interventional Society of Europe - société européenne de radiologie interventionnelle).

Qu'est ce que c'est ?

L'ablation percutanée consiste à détruire une tumeur du rein sur place, à travers la peau, sans l'enlever chirurgicalement et sans retirer le rein.

Une aiguille fine est amenée jusqu'à la lésion sous guidage par l'image, puis délivre soit un froid intense (cryothérapie), soit une chaleur localisée (radiofréquence). Les cellules tumorales sont détruites, et l'organisme élimine progressivement la zone traitée. Le reste du rein n'est pas touché.

Pourquoi ?

Cette intervention s'adresse aux tumeurs du rein de petite taille, découvertes le plus souvent de manière fortuite sur un scanner ou une échographie réalisés pour un autre motif.

Les situations dans lesquelles elle est proposée :

  • Une tumeur de petite taille, dont la position permet de l'atteindre par une aiguille
  • Un patient chez qui une intervention chirurgicale présenterait un risque élevé — âge, pathologies associées
  • Un rein unique, ou une fonction rénale déjà altérée, où chaque millimètre de rein compte
  • Des tumeurs multiples, notamment dans le cadre de maladies héréditaires prédisposant au cancer du rein
  • Un patient déjà opéré du rein, chez qui une nouvelle chirurgie serait difficile

La décision est prise en réunion de concertation pluridisciplinaire, avec votre urologue. Le choix ne se fait jamais entre la chirurgie et nous : il se fait avec vous, en fonction de votre tumeur, de votre rein et de votre état général.

Lorsque le diagnostic n'est pas certain, une biopsie est réalisée au préalable — parfois dans le même temps que le traitement.

Comment ?

L'intervention a lieu au bloc de radiologie interventionnelle, sous anesthésie générale, et dure environ 45 minutes.

  • Installation : vous êtes le plus souvent allongé sur le ventre ou sur le côté, selon la position de la tumeur.
  • Repérage : selon la lésion, nous utilisons l'échographie associée au CBCT (scanner à faisceau conique, réalisé directement sur la table d'intervention) ou le scanner.
  • Mise en place des aiguilles : une ou plusieurs aiguilles, de l'épaisseur d'une mine de crayon, sont introduites à travers la peau du dos jusqu'à la tumeur.
  • Protection des organes voisins : si le côlon, l'uretère ou un nerf sont trop proches, ils sont écartés en injectant du sérum ou du gaz — une étape invisible pour vous, mais déterminante pour la sécurité du geste.
  • Traitement : le froid ou la chaleur est délivré pendant plusieurs minutes. En cryothérapie, la zone de glace formée autour de l'aiguille est directement visible sur les images, ce qui permet de contrôler en temps réel l'étendue du traitement.
  • Vérification : une dernière série d'images confirme que la tumeur est entièrement couverte, puis les aiguilles sont retirées. Aucun point de suture n'est nécessaire.

Cryothérapie ou radiofréquence ? Le choix dépend de la taille de la tumeur, de sa position dans le rein et de sa proximité avec les voies urinaires ou les organes voisins. Les deux techniques sont reconnues par les recommandations internationales et donnent des résultats comparables ; nous retenons celle qui traite le mieux votre lésion en respectant ce qui l'entoure.

Est-ce que ça fait mal ?

L'intervention elle-même est réalisée sous anesthésie générale : vous ne ressentez rien.

Au réveil, la douleur est habituellement modérée — une sensation de courbature ou de pesanteur dans le flanc, contrôlée par des antalgiques simples. Elle s'estompe en quelques jours. Il n'y a pas de cicatrice, seulement un ou plusieurs points de ponction couverts d'un pansement.

Quels sont les risques ?

L'ablation percutanée est un geste sûr, mais aucune intervention n'est dénuée de risque. Les complications sont peu fréquentes et le plus souvent bénignes :

  • Saignement autour du rein, le plus souvent minime et sans conséquence ; exceptionnellement il nécessite une embolisation ou une transfusion
  • Douleur persistant quelques jours
  • Présence de sang dans les urines, transitoire
  • Lésion d'un organe voisin (côlon, uretère, nerf) — rare, et prévenue par les techniques de protection décrites plus haut
  • Infection de la zone traitée, rare
  • Traitement incomplet ou récidive locale : elle est recherchée par le suivi en imagerie, et peut le plus souvent être retraitée par une nouvelle ablation

La fonction rénale est habituellement préservée après le traitement.

Place dans le parcours de soin

La chirurgie partielle du rein — la néphrectomie partielle — reste le traitement de référence des tumeurs du rein, en particulier chez les patients jeunes et en bon état général : le contrôle local du cancer y est légèrement supérieur.

L'ablation percutanée a d'autres atouts :

  • Pas de cicatrice : une ou plusieurs aiguilles suffisent, là où la chirurgie nécessite une cœlioscopie ou une assistance robotique.
  • Fonction rénale très bien préservée, ce qui compte particulièrement en cas de rein unique ou d'insuffisance rénale.
  • Réalisable chez des patients fragiles, chez qui le risque opératoire serait élevé.
  • Répétable : en cas de récidive locale, un nouveau traitement est le plus souvent possible.

Sur les tumeurs de petite taille, les résultats à distance sont solides : dans une étude internationale portant sur 643 patients suivis en moyenne plus de trois ans, la survie sans récidive locale était d'environ 85 % pour la cryothérapie comme pour la radiofréquence, sans différence significative entre les deux techniques (Carbonara et al., International Brazilian Journal of Urology, 2025 — article en anglais). Une méta-analyse publiée en 2025 retrouve des résultats comparables à ceux de la chirurgie pour les tumeurs de stade T1 (Shaaban Abdelgalil et al., Journal of Vascular and Interventional Radiology, 2025 — article en anglais).

Autrement dit : ce n'est pas une technique « moins bonne », c'est une technique qui répond à d'autres situations. Nous vous exposons en consultation ce que chacune permet dans votre cas, et la décision vous appartient.

Et après l'intervention ?

  • Surveillance de quelques heures en salle de réveil, puis une nuit d'hospitalisation.
  • Retour à domicile le lendemain, avec des antalgiques simples.
  • Reprise des activités en quelques jours ; un arrêt de travail est prescrit, sa durée est adaptée à votre activité professionnelle.
  • Contrôle à 3 mois : une IRM ou un scanner est réalisé, puis vous êtes revu en consultation par le radiologue interventionnel qui a pratiqué le geste. C'est ce contrôle qui confirme que la tumeur a été détruite.
  • Un suivi en imagerie est ensuite poursuivi à intervalles réguliers, en lien avec votre urologue et votre médecin traitant.
Chaque intervention fait l'objet d'un compte-rendu détaillé adressé au médecin traitant et au spécialiste référent sous 24h.

Questions fréquemment posées

Vais-je perdre mon rein ?

Non. L'objectif de cette technique est précisément de détruire la tumeur en conservant le rein et sa fonction.

Est-ce que je vais avoir une cicatrice ?

Non. L'aiguille laisse un point de ponction de quelques millimètres, recouvert d'un pansement.

Est-ce que c'est aussi efficace qu'une opération ?

Sur les petites tumeurs, les résultats à distance sont proches de ceux de la chirurgie, avec une survie sans récidive locale de l'ordre de 85 % dans les séries publiées. Le risque de repousse locale est un peu plus élevé qu'après chirurgie, mais il est dépisté par le suivi en imagerie et le plus souvent traitable par une nouvelle ablation.

Puis-je être traité si j'ai plusieurs tumeurs ?

Oui. C'est même une des situations où cette technique est particulièrement adaptée, car elle peut être répétée sans abîmer le rein.

Qui décide du traitement ?

La proposition est faite en réunion de concertation pluridisciplinaire avec votre urologue et les oncologues. La décision finale vous revient, après une consultation où toutes les options vous sont présentées.

Préparez votre consultation

  • Ecrivez à l'avance toutes les questions que vous souhaitez poser à votre radiologue interventionnel
  • Ramenez tous les examens en rapport avec votre pathologie (échographie, scanner, irm...), vos résultats de prise de sang et la liste de vos traitements.
  • Le courrier de votre médecin traitant ou spécialiste.
  • Vous avez le droit de venir accompagné(e) d'une personne de confiance.
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